Le nouvel échec de l’UE dans la gestion de la crise irlandaise à ouvert la voie à de nombreuses spéculations sur l’avenir de la zone euro. Ainsi, l’Allemagne qui a fait des déclarations dans ce sens, pourrait décider d’abandonner la monnaie unique.
C’est Angela Merkel qui a mis le feu au poudre. Seul dirigeant européen à avoir mis la pression sur l’Irlande en demandant une décision rapide sous 48 heures au début de la crise, le chef du gouvernement allemand se montre très agacé 3 semaines plus tard. Agacée de voir qu’un tout petit pays met en péril l’économie internationale, de voir que l’UE reste encore une fois simple spectateur impuissant, agacée de voir que l’Allemagne tient à bout de bras une Europe qui n’a de « communauté » que le nom.
En un mot l’Allemagne pense que les perdants trouvent des excuses, que les gagnants trouvent des solutions et qu’il n’y a rien de bon lorsque l’on est une des premières économies du monde, à rester avec des éternels perdants.
Pourtant, pour revenir dans le politiquement correct, la principale raison qui justifierait la sortie de l’Allemagne de la zone euro ne signifierait pas la fin de la zone euro en elle-même.
En effet, le principal problème des PIGS, c’est avant tout, actuellement, le niveau élevé de l’euro (même à 1,30, la devise européenne est sur des niveaux élevés!) qui pénalise ces pays quant à leur endettement et au cout de leur endettement (taux de financement). En sortant de la zone euro, l’Allemagne permettrait à la monnaie unique de revenir sur des niveau – beaucoup – plus faibles et réduirait donc le risque financier sur les pays en difficultés, Grèce, Irlande, Portugal, … France ?? -.
Actuellement donc, la sortie de l’Allemagne qui est évoquée depuis plusieurs jours sur les médias anglo-saxons, n’est pas considérée à priori, comme une mauvaise chose.
A partir de là, plusieurs scénarios sont possibles sur l’évolution de la Communauté européenne et de la monnaie unique. La sortie du Portugal était évoquée la semaine dernière si le pays ne parvient pas a former une majorité gouvernementale solide. La Grèce également.
Pourquoi s’alarmer aujourd’hui? Tout simplement par ce que même si l’éclatement de la zone euro avait déjà été évoquée cet hiver, personne n’aurait avancé une telle éventualité il y a à peine 1 mois. Madame Merkel a été la première il y a 3 semaines en déclarant qu’un règlement au-delà des 48 heures du problème irlandais entrainerait des conséquences dramatiques et pour l’Europe et pour l’économie internationale.
A court et moyen terme, les dirigeants européens devraient trouver quelques déclarations de nature à calmer les esprits. Sur le plus long terme, les germes d’une explosion – implosion plus exactement – sont là. Il faudra maintenant attendre l’année prochaine pour en savoir plus. Si l’allemand Axel Weber succède à JC Trichet à la tête de la BCE, il y a de l’espoir pour les euro-convaincus. Dans le cas contraire, l’Allemagne qui tient beaucoup à ce poste, devrait envisager de réorienter, adapter, sa vision de l’Europe.

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