L’agence de notation S&P a dégradé les Etats-Unis, AA+ avec perspective négative. Cette décision qui intervient après des records historiques de baisse sur les marchés boursiers - 10 séances consécutives pour le CAC 40 – devrait marquer un tournant majeur dans l’économie mondiale. Une décision attendue après l’échec des négociations entre Républicains et Démocrates qui a débouché sur un accord bancal dont aucune des 2 parties n’était satisfaite. En théorie, les États-Unis vont devoir payer plus cher leurs emprunts. En pratique, le Bons du Trésor américains restant pour le moment l’un des placements les plus fiables, la progression de la prime de risque demandée par les investisseurs restera relativement faible.
En revanche, cette dégradation de la première économie mondiale pose des problèmes que ne manqueront pas d’évoquer les pays émergents : le dollar doit-il rester la devise de référence internationale ? Les États-Unis vont-ils rester en mesure de se poser comme les leader de l’économie mondiale quand tout un système est remis en question?
Il serait très hasardeux de se projeter aujourd’hui sur ces questions mais il est certain qu’elles animeront les débats dans les prochains mois. Notamment avec des tentatives probables de prise de leadership de la part des pays émergents, Chine en tête : la récente bataille pour la nomination d’un non-européen à la tête du FMI en est le précurseur.
Existe-t’il une issue à la dette américaine ?
J’ai tendance à penser que la seule issue est une crise sans précédent à l’échelle internationale. Une position certainement un peu trop alarmiste à ce stade. Pourtant, c’est la seule qui se profile pour le moment compte tenu de la situation politique américaine. La marge de manœuvre de Barak Obama est très réduite, voire inexistante tant que l’opposition Républicaine est majoritaire au Congrès. Le Président n’est pas en mesure d’apporter une quelconque solution aux problèmes de son pays mais pire encore, le Tea party a réaffirmé sa détermination à entraver toute action. L’aile droite Républicaine a en effet déclarée être prête à conduire le pays droit au mur pour imposer sa vision du nouvel ordre économique et politique américain. Une quasi auto-régulation avec intervention très limitée des instances dirigeantes.
Il est peu probable que la majorité des américains souhaite s’orienter vers un système de quasi anarchie régulée par les plus gros intérêts économiques et financiers du pays. Cependant, en politique et en démocratie, les minorités sont parfois celles qui gouvernent. Preuve en est la situation actuelle du pays après plusieurs mois de négociations qui ont abouties sur une dégradation de sa dette et de facto, de sa fiabilité.
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