Les élections grecques se déroulent dans un climat tendu et presque surréaliste avec un objectif pour les grecs : obtenir le beurre, l’argent du beurre et la laitière! Pour ce qui est d’une sortie de la zone euro, la question n’est donc pas sur la table car, même en admettant que le clan anti-austérité l’emporte avec une victoire d’Alexandre Tsipras – coalition Syrisa, gauche radicale -, la très grande majorité des grecs reste consciente de ce qu’elle perdrait. La Chancelière allemande Angela Merkel l’a bien rappellé en appelant vendredi les électeurs à ne pas voter Tsipras. Pourtant, que le message soit bien entendu ou non, il est important de comprendre que le problème grec ne s’arrête pas au résultat de ces elections.
En admettant que les deux partis institutionnels – ceux qui ont coulé le pays et triché sur les comptes ! – parviennent à former un gouvernement de coalition, ils ne pourront éviter – au pire – une guerre civile qu’en parvenant à renégocier les accords conclus avec la Troika. Hors rappelez-vous les dernières négociations, elles se sont conclues dans la douleur pour tout le monde après de nombreux rebondissements, avec en toile de fond un bras de fer entre créanciers privés et public : la question était de savoir si la BCE, comme les créanciers privés, devait assumer ses pertes. Une question à laquelle il sera de plus en plus difficile de répondre au fur et à mesure qu’un soutien à l’Espagne – pour commencer – se fait de plus en plus évident.
Quelque soit l’issu de ces elections, c’est donc un nouvel été de négociations et rebondissements qui s’annonce, avec autant de volatilité sur les marchés financiers et surtout, autant si ce n’est plus d’impasses, même si la Grèce sera ostensiblement soutenue par la France dans sa quête de gestion moins rigoureuse. Pour obtenir moins d’austérité, la Grèce doit pouvoir donner des contreparties que non seulement elle ne peut pas offrir à ce stade, mais il faut également considérer que la crise s’aggrave en Europe. Ce que cela signifie, de facto, encore un peu moins d’activité économique pour le pays, principalement, dans le tourisme, source majeure de revenus. Hors les perspectives du secteur pour cet été semblent déjà des plus ternes.
La saga grecque n’est pas terminée, elle a encore de beau jours devant elle même si, et peut-être surtout, si le Pasok et Nouvelle Démocratie, le parti d’Antonis Samaras, l’emportent. Sur Trading Experience, nous faisons partie de ceux qui pensent que le maintient de la Grèce dans la zone euro est une erreur grave et que seule sa sortie – douloureuse pour tout le monde – peut encore sauver l’Europe, telle qu’elle existe actuellement.
Rappelons en effet qu’aujourd’hui, la France faisant économiquement défaut- A. Merkel ne s’est pas privée de rappeler la médiocrité de l’économie du 2e pillier de l’Europe!- , seule Allemagne porte réellement le poids financier de l’Europe. Le mouvement actuel des “mauvais élèves”, cherche non seulement à imposer moins de rigueur mais surtout à isoler l’Allemagne, voire à la défier. A l’instar de Mario Monti qui a déclaré ce week-end que ” l’Italie n’avait pas besoin de l’avis de Merkel pour réussir”. C’est peut-être vrai, pourtant, rappelons à ceux qui pensent que l’Allemagne a tout à perdre à quitter la zone euro, que sans l’Allemagne, il n’y a plus de zone euro : le pays restera, dans tout les cas de figures, celui qui s’en sortira le mieux. Hors, même en Allemagne, le peuple s’exprime… et la tendance n’est pas à vouloir payer à tout prix pour les autres, d’autant plus quand les cigales prônent aux fourmis plus de laxisme.
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