Malgré quelques indicateurs mitigés la semaine dernière, les chiffres de l’emploi américain ont appuyé le sentiment de reprise économique aux États-Unis. Il faudra cependant attendre le mois prochain pour confirmation de la tendance sur l’emploi. On estime à 250 000 le nombre de créations d’emploi nécessaire par mois pour confirmer la reprise. A un rythme de 140 000 créations/mois, il faudrait 3,5 ans pour revenir au niveau d’emploi qui a précédé la crise de 2008; 50 000 créations/mois 10 ans; 500 000/mois 1 an.
Après l’amélioration des 2 piliers de la reprise que sont l’emploi et l’immobilier, deux chiffres sur l’économie américaine vont retenir l’attention des opérateurs cette semaine pour ce qui est de la 3e composante, la consommation. Mardi des crédits à la consommation seraient un bon prétexte pour poursuivre le rallye et vendredi, l’indice de confiance des ménages (Université du Michigan) .
A priori les chiffres sur l’économie américaine devraient continuer de s’améliorer encore quelques semaines, nous sommes plus sceptique pour la suite. D’autant plus que la fin de la saison des résultats d’entreprise va reporter l’attention sur des considérations plus macro-économiques et politiques à l’approche d’échéances électorales primordiales en Europe et aux États-Unis. Hors rappelons-le, la situation reste critique en Europe même si la communication politique s’est clairement améliorée. Situation “explosive” en Italie selon Fitch. Portugal proche de la chute avec des conséquences graves même si ce n’est pas la même situation que pour la Grèce. Le plus important, le FMI a lancé un signal fort en estimant que pour lutter contre la crise en place, il devait porter à mille milliards sa capacité de prêts qui pour le moment s’élève à 500 milliards. Par ailleurs, le Président de la FED a quant à lui mis en garde contre les risques sérieux que rencontreront les États-Unis à moyen/long terme si les reformes nécessaires, fiscales notamment, n’étaient pas entreprises rapidement.
Configuration technique des indices et pronostics bourse
Techniquement, les indices ont franchit lundi des niveaux de résistance critiques. L’euphorie est toujours de mise mais à moins d’excellents résultats d’entreprises, on peut s’attendre à quelques prises de bénéfices. Pas de repli appuyé car si les acheteurs seront prudents, il n’y aura pas beaucoup de vendeurs. A priori, seul une aggravation de la situation en Grèce dans le cadre des négociations pourrait pour le moment entrainer un recul significatif des marchés. Dans ce cas on peut envisager un retour sur la zone d’achat des 3280/3310 pour l’indice parisien. L’objectif moyen terme se situe sur les 3560 puis 3730 si nous parvenons jusque-là. Les 3700 constitue le point d’équilibre global sur les 50% de positions que nous n’avions pas liquidé en juin 2011. Nous serions clairement et heureux vendeur sur ces niveaux.
En dehors des statistiques économiques américaines, les rendez-vous qui vont faire bouger les marchés cette semaine sont les statistiques sur l’industrie allemande lundi et mardi et la décision de politique monétaire de la BCE jeudi. Ce qui nous amène à la guerre de devises qui pourrait bien se déclarer rapidement après des premiers signes de tension en 2011.
Forex : la guerre des devises est en marche
Sur le front chinois, les opérateurs anticipent une détente sur le yuan, le resserrement monétaire opéré en 2011 ayant porté ses fruits. Pourtant, même si l’intérêt et l’objectif de la Chine est d’avoir une devise faible, on peut facilement extrapoler sur le fait qu’à l’heure d’investir en Europe (sur l’Europe??), la Chine a plutôt intérêt à renforcer la valeur de sa monnaie, temporairement tout au moins.
En ce qui concerne le Yen, toujours sur des niveaux élevés par rapport au dollar, les opérateurs anticipent une intervention de la BoJ (Bank of Japan) en réponse à la politique de la FED. L’objectif de la Banque centrale américaine est de maintenir un dollar au plus bas quel qu’en soit le cout, jusqu’en 2014. Cela pénalise clairement les exportations japonaises sur le long terme.
Pour ce qui est de l’euro, le Président de la BCE Mario Draghi est favorable à un affaiblissement de l’euro à travers les taux mais également en créant de la monnaie. Notamment dans le cadre du soutien au secteur bancaire. Une vision de la devise européenne qui n’est pas au gout du dollar faible et qui renforce donc l’idée d’une nouvelle dévaluation compétitive de la devise américaine – Q3 quantitative easing-. Les semaines qui suivent vont être déterminantes car si les statistiques américaines s’améliorent durablement, la promesse de la FED de maintenir un dollar faible jusqu’en 2014 pourrait bien être revue.
Rappelons, économiquement parlant, que les taux d’intérêts sont extrêmement bas depuis trop longtemps (l’ère Bush/Greenspan!). Il est impératif de les relever et les précédentes tentatives se sont soldées par des échecs cuisants. Hors l’enjeu majeur en 2012 au niveau international sera d’être le plus compétitif pour être celui qui vendra le plus, avec une demande mondiale peut être en progression mais néanmoins faible. Être compétitif à l’export induit une monnaie faible et dans le contexte actuel, une course certainement mondiale à la dévaluation! Paradoxalement, les discours politiques appelant à un certain retour aux mesures de protectionnisme nationales se multiplient. Plus paradoxalement encore, une des exigences du gouvernement lors du déplacement d’Angela Merkel en Chine : bannir les restrictions commerciales sur les exportations chinoises. Une requête bien difficile à envisager tant le consensus devra être large au niveau international
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