S’il devait y avoir une bulle sur l’investissement dans le vin, il est probable qu’elle ait déjà éclatée. Après une progression de 40% en 2010, les principaux indices du Liv-ex ont consolidé fin 2011 pour entamer un rebond début 2012. Le rebond ne s’est pas confirmé et les amateurs de vins ont continué de se désintéresser des grands crus du Bordelais (Les Bourgognes sont en forte progression) avec en toile de fond, le bras de fer entre producteurs et acheteurs du millésime 2011.
Le prix des grands vins a toujours été cher et ce n’est pas leur multiplication par 3 en 10 ans qui a détourné les acheteurs des vins de Bordeaux. En revanche, la trop forte progression de 40% en 2010 a constitué un déclic que l’attitude des producteurs semble avoir renforcé. Face à un millésime 2011 d’une qualité discutable, les acheteurs attendaient un retour sur des niveaux de prix de 2008. Les producteurs ont parfois concédé jusqu’à 50% de baisse par rapport au millésime 2010 mais le compte n’y était pas.
En conséquence, la campagne primeur qui donne la tendance jusqu’au prochain millésime, s’est révélée être un échec. L’impact a été significatif sur les Premiers crus du Bordelais qui ont connus des baisses importantes, au profit de certains seconds crus tel que Pontet-Canet mais surtout des Bourgognes, vins de Toscane italiens et Champagnes, qui affichent tous des performances positives et croissantes depuis le début de l’année. En effet, si la bulle s’est dégonflée sur ces grands seigneurs du Bordelais, le volume total d’échanges à l’échelle mondiale n’a baissé que de 9% et les ventes aux enchères en Asie comme aux États-Unis continuent d’afficher des records.
La bulle du vin est-elle vide ?
Sur court terme, difficile de répondre! Certains pourront penser qu’il est trop tôt car les prix peuvent encore baisser en cas d’aggravation de la crise. D’autres, c’est notre cas et celui de la plupart des intervenants, considèrent le vin comme une valeur stable et dont la corrélation avec les marchés financiers est faible, une valeur refuge. Dans cette perspective, une seule question à se poser: Un Chateau Petrus 2000 par exemple (4 185€ prix moyen HT), un vin magnifique note 100/100 par Robert Parker et produit à 3000 caisses, vaudra-t’il moins cher ou plus cher quand il ne restera que quelques caisses ( à boire entre 2015 et 2045)?
Il est encore trop tôt pour affirmer que la consolidation sur les vins de Bordeaux est terminée et il faudra encore attendre quelques semaines. En revanche, face au risque d’une nouvelle baisse de quelques pourcents sur court terme, il convient de se remémorer les fondamentaux de ce marché : structurellement haussier avec des horizons de placement long terme qui ont jusqu’alors systématiquement gommé les périodes de volatilité sur court terme. Rappelons par ailleurs que nous sommes sur un marché sur lequel le plus difficile est de trouver des vendeurs ! La clé est peut-être donc de ne pas perdre les opportunités lorsqu’elles se présentent car, contrairement aux marchés boursiers par exemple, elles ne se représentent que rarement lorsque l’on parle de ces grands vins… en séries limitées.
Dossier Investissement Vin
Les risques de l’investissement dans le vin
Existe t’il une bulle sur le marché du vin ?
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